C’est connu, l’agriculture martiniquaise, basée principalement sur la banane et la canne à sucre, constitue sa principale ressource grâce aux exportations. Le secteur emploie environ 15.000 personnes sur 3000 exploitations et la production représente quelque 246 millions d’euros. Mais selon le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, cette configuration ne répond que partiellement à la demande locale : 77% des produits sont encore importés et les fruits et légumes « péyi » ne couvrent respectivement que 34% et 41% des besoins sur place. En outre, si 21% de la surface de la Martinique est actuellement dédiée aux terres agricoles, ce chiffre est en baisse et risque de diminuer encore en raison du changement climatique.

Détailler la potentialité agricole

Conscient du problème qui risque de s’aggraver dans les années à venir, la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de Martinique a sollicité le groupe Collecte Localisation Satellites (CLS), expert dans l’identification et l’interprétation des données environnementales, pour l’accompagner dans sa démarche visant à l’autonomie alimentaire. CLS, qui a été créée en 1986, est une filiale du Centre National d’Études Spatiales (CNES, 34%) et de la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP, un groupe d’actionnaires belge, 66%). Pour l’opération en Martinique, CLS est associée à Cartophyl, une société basée en Guadeloupe spécialiste des systèmes d’information géographique et de cartographie.

« Grâce au croisement de données d’occupation des sols (…) et de données techniques (irrigation, pédologie…), CLS, et son partenaire Cartophyl, ont créé une base de données actualisée capable de fournir une carte permettant d’identifier les terres non artificialisées et de détailler leur potentialité agricole en tenant compte de leur environnement proche (accessibilité, irrigation, etc.) », détaille CLS. 

 Objectifs de la base de données CLS/Cartophyl

CLS « livre des données stratégiques d’occupation du sol (végétation, occupation foncière, agricole, etc.) capable d’identifier le potentiel agronomique des parcelles de l’île en tenant compte des contraintes environnementales et de l’activité humaine », précise un communiqué du groupe. Prochainement, ces données devraient être accessibles sur une plateforme, intitulée Geomartinique, qui permettra de prédire comment les parcelles agricoles pourraient évoluer et augmenter leur rendement, ou bien autoriser la culture d’autres espèces.

L’exploitation des données recueillies devrait également révéler comment des parcelles non cultivées pourraient le devenir et quelles productions sauraient être recommandées dans cas. « Ces données sont stratégiques pour un pilotage efficace, résilient et respectueux des territoires », souligne le groupe CLS. « Le dernier rapport du GIEC prévoit que le changement climatique entraînera une baisse des rendements et de l’adéquation des cultures, notamment dans les régions tropicales et semi-tropicales. Mais en agissant aujourd’hui, nous pouvons assurer l’avenir ! »

PM