Sameh Shoukry, président égyptien de la COP27, COP27

La COP 27 qui s’est tenue du 6 au 20 novembre 2022 à Charm El-Cheikh, en Egypte, est donc terminée, laissant à bon nombre de ses observateurs un sentiment mitigé. Voilà les principaux points qu’il faut en retenir.

Un statu quo presque positif

Ces derniers jours, la crainte d’une moindre ambition en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre s’est fait sentir. Mais heureusement, dans la déclaration finale de la COP 27, l’objectif de l’Accord de Paris (maintenir le réchauffement à +1,5 °C) a été réitéré. Il est également demandé d’intensifier les efforts en 2023. « Réaffirmer cet objectif était essentiel, dans un contexte mondial de crise climatique et énergétique », note l’avocat spécialisé en environnement Arnaud Gossement. Un moindre mal, alors que l’objectif initial était d’arriver à « des objectifs sectoriels qui accéléreraient la réduction des émissions de gaz à effet de serre », indique Aurore Mathieu, responsable des politiques internationales au sein du Réseau action climat France au journal Le Monde.

De son côté, le sénateur écologiste Ronan Dantec, qui a suivi les débats à Charm El-Cheikh, souligne que l’Europe a « résisté aux pays pétroliers qui voulaient supprimer l’objectif 1,5 degrés, mais l’absence de référence dans le texte à l’abandon des énergies fossiles est leur victoire. C’est la première COP défensive: ce n’est plus juste «on ne va pas assez vite», mais on se bat pour ne pas reculer ! ».

Les énergies fossiles préservées

De fait, la déclaration finale ne pointe pas les énergies fossiles comme principale cause du changement climatique. « Les pays ne sont pas parvenus à aller au-delà de ce qui avait été décidé à Glasgow sur la réduction progressive du charbon », déplore le Réseau action climat (RAC) dans un communiqué, en soulignant que cette absence de décision « fragilise toujours un peu plus la capacité d’atteindre l’objectif de limiter le réchauffement de la planète à +1,5 °C ». Sont seulement évoquées dans la décision finale de la COP 27  la nécessité d’abandonner progressivement le charbon et une « suppression progressive des subventions inefficaces pour les combustibles fossiles ».

Aider les pays les plus vulnérables

Un sujet fort de cette COP était de faire avancer la question des « pertes et dommages ». Il s’agit des conséquences irréversibles du changement climatique, qui sont principalement dues au développement des pays industrialisés et frappent le plus souvent les pays en voie de développement, constituant ainsi une dette climatique des pays du Nord envers ceux du Sud.

Sur ce sujet qui est discuté depuis près de trente ans, un point important a été conclu : la création d’un fonds spécifique pour venir en aide aux pays les plus affectés. C’est sans nul doute la grande avancée de cette COP 27, selon Laurence Tubiana, présidente de la Fondation européenne pour le climat.

« L’Union européenne a joué un rôle  important en évoluant sur sa position initiale et en reconnaissant enfin la nécessité de financer la réponse aux impacts dont sont majoritairement victimes les pays ayant peu contribué à la crise climatique, explique le RAC. Les modalités de ce fonds doivent encore être précisées et son financement sera un véritable test pour réellement concrétiser cette victoire. » L’un des points clés est l’intégration des nouveaux pays riches et industrialisés (surtout la Chine) dans les contributeurs de ce fonds.

Rendez-vous à Dubaï pour la COP 28

La prochaine COP se tiendra à Dubaï en novembre 2023, au sein des Emirats arabes unis dont la richesse est directement liée aux énergies fossiles, ce qui fait craindre des avancées encore timorées. Y seront notamment discutés le fonctionnement et l’abondement du nouveau fonds « pertes et dommages ».

La COP 28 aura aussi pour objectif de dresser un bilan mondial des efforts de chaque pays et du mécanisme d’évaluation de l’Accord de Paris. « Ce bilan doit avoir un impact concret puisqu’il va recommander aux Etats des priorités à considérer pour leurs prochains objectifs climatiques afin de faire mieux sur la réduction des émissions, l’adaptation et les pertes et dommages », explique le RAC.

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