Énergie. L’aménagement du territoire passe par la modernisation des réseaux électriques dont l’éclairage public. Sans une distribution optimale d’une électricité de qualité, pas de développement économique ni de transition énergétique réussie. Les défis à relever avec Ralph Monplaisir, président du SMEM. (Texte Claire Jacques, Photo Jean-Albert Coopmann)

Propriétaire des réseaux basse et moyenne tension qui distribuent l’électricité, le SMEM* a pour principale mission d’assurer, en collaboration avec EDF, les travaux nécessaires à la pérennisation, au développement et à la restructuration du réseau de distribution. Il est aussi fortement impliqué dans la maîtrise de la demande en énergie et le développement des énergies renouvelables, ainsi que dans le déploiement de bornes de recharge de véhicules électriques qui apparaîtront bientôt dans certaines communes et l’éclairage public (dont il a une compétence partielle).  

« La distribution optimale d’une électricité de qualité est essentielle pour le développement du numérique, les systèmes industriels, les entreprises de services et bientôt pour le transport. »

En quoi les réseaux électriques et l’éclairage public constituent-ils un enjeu essentiel de l’aménagement du territoire ?

Ralph Monplaisir : Le rôle du réseau de distribution est d’amener l’électricité en tout point du territoire, tant pour le confort des Martiniquais que pour le développement des entreprises. La distribution optimale d’une électricité de qualité est notamment essentielle pour le développement du numérique, pour les systèmes industriels, pour les entreprises de services et bientôt pour le transport. C’est le 1er enjeu essentiel.

Ensuite, la réussite de la transition énergétique est directement liée à la stabilisation et aux innovations que nous pourrons apporter à notre réseau de distribution, surtout dans notre contexte insulaire. C’est le 2ème enjeu essentiel.

Vieux d’une trentaine d’années ou plus, le système d’éclairage public de la Martinique (réseau filaire, lampes, armoires électriques, etc.) mérite, lui aussi, d’être modernisé. Il est fortement consommateur d’énergie, au point de représenter jusqu’à 70 % de la consommation de l’éclairage public des communes. C’est là encore un enjeu essentiel.

« Les résultats déjà obtenus sont très significatifs puisque nous constatons une diminution de 50 à 70 % de la consommation de l’éclairage public des communes concernées. »

La modernisation de l’éclairage public est-elle en bonne voie ? 

Nous avons mobilisé, avec les communes, EDF, la CTM et l’Union Européenne, environ 30 millions d’euros pour remplacer sur 21 communes quelques 27 000 lampes par des LED nettement plus modernes et moins consommatrices. Nous avons aussi remplacé les armoires électriques associées dans le but de renforcer la sécurité des biens et des personnes. Cette première étape, qui doit impérativement être terminée au 31 décembre 2022, a mis en évidence des contraintes liées à la vétusté du réseau d’éclairage public qui reste, rappelons-le, à la charge des communes.

Il nous faudrait une centaine de millions supplémentaires pour le rénover et le préparer aux prochaines évolutions. Nous procédons donc étape par étape. C’est un chantier à long terme, mais nous sommes sur la bonne voie. Les résultats déjà obtenus sont très significatifs puisque nous constatons une diminution de 50 à 70 % de la consommation de l’éclairage public des communes concernées.

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La proportion croissante d’énergies renouvelables exige-t-elle des aménagements spécifiques ? 

Absolument, et nous entendons aussi peser de tout notre poids dans le chantier de modernisation du réseau de distribution qui doit être prêt à l’intégration de nouvelles technologies permettant notamment la gestion des énergies renouvelables et du stockage, l’amélioration de la résilience au bénéfice de l’amélioration de la qualité de fourniture et la diminution des temps de coupure d’électricité. Là encore, c’est plus de 200 millions d’euros qui devront être investis. 

De même, nous ne négligeons pas le développement de bornes de recharge de véhicules électriques, devenu essentiel avec la fin programmée des moteurs thermiques… En parallèle de quoi, il est pour nous tout aussi fondamental de préparer et de former les Martiniquais à ces évolutions par des actions de formations et de sensibilisation impactant un public des plus larges.

*Le SMEM est une collectivité qui regroupe la CTM et l’ensemble des communes de la Martinique.

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