08/12/2022 – Le ralentissement de l’économie mondiale, sur fond de choc énergétique déclenché par la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, de forte inflation et de baisse du pouvoir d’achat des ménages, risque de freiner la dynamique de reprise post-pandémie du tourisme, selon un nouveau rapport de l’OCDE.

L’édition 2022 du rapport Tendances et politiques du tourisme de l’OCDE indique que le tourisme a connu un fort rebond dans bon nombre de pays en 2022 sous l’effet du rattrapage de la demande, de la mobilisation de l’épargne des ménages et de l’émission de bons d’achat de voyage. On ne devrait toutefois pas observer une réelle reprise du tourisme international avant 2024 ou 2025 au plus tôt.

Après six décennies de croissance régulière, le secteur a été frappé de plein fouet par le COVID-19. Au plus fort de la pandémie, le tourisme international était quasiment au point mort ; en termes de manque à gagner, cet effondrement du tourisme international représentait 0.77 USD de chaque dollar de recettes non perçu au titre des exportations de services dans les pays de l’OCDE en 2020. Le tourisme interne étant également soumis à de fortes restrictions, la contribution directe du secteur au PIB a reculé de 1.9 point de pourcentage dans les pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles.

Il ressort du rapport que le COVID-19 a mis en évidence le rôle déterminant du tourisme pour l’économie, à l’échelon mondial, national et local.Avant la pandémie, le secteur contribuait directement en moyenne à hauteur de 4.4 % au PIB, de 6.9 % à l’emploi et de 20.5 % aux exportations de services dans les pays de l’OCDE.

Les dernières données montrent que les chiffres du tourisme sont plus élevés que prévu dans de nombreux pays. En juillet 2022, les flux touristiques internationaux étaient inférieurs de 19.9 % seulement à leur niveau de juillet 2019 dans les pays de l’OCDE répondants, même si on observe d’importantes disparités selon les régions. Ainsi, le nombre d’arrivées au Danemark, en Espagne, en Grèce, au Luxembourg, au Portugal et en Slovénie a dépassé les niveaux de 2019, alors que dans les pays limitrophes de la Russie et de l’Ukraine, le nombre de touristes était inférieur d’au moins 30 % à son niveau d’avant la pandémie. Dans les pays de l’OCDE de la région Asie-Pacifique, on a constaté un recul d’au moins 40 % du nombre d’arrivées par rapport à 2019.

« La pandémie a mis au jour les faiblesses sous-jacentes de l’économie du tourisme dans son ensemble », a déclaré Mathias Cormann, Secrétaire général de l’OCDE. « Les retombées de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine compromettent désormais la reprise du secteur. Le défi, pour les pouvoirs publics et les entreprises, consiste non seulement à donner un coup de pouce au tourisme sur le court terme, mais aussi à assurer la solidité et la durabilité du secteur sur le long terme. »

Les entreprises du tourisme, qui peinent déjà à sortir de la crise pandémique, doivent désormais aussi faire face à la hausse des coûts de l’énergie, des produits alimentaires et autres ressources. À cela s’ajoutent les pénuries de main d’œuvre et de compétences qui plongent le secteur dans une grande incertitude susceptible de freiner la reprise. Il faudra par ailleurs rétablir une mobilité sûre pour regagner la confiance des voyageurs et relancer la demande touristique.

Pour soutenir la reprise et transformer le secteur du tourisme, les pouvoirs publics doivent prendre des mesures visant à :

Renforcer la collaboration au sein de l’administration et avec le secteur privé afin de soutenir la reprise et de bâtir un avenir meilleur pour le tourisme. Aux États-Unis, par exemple, la stratégie nationale 2022 pour le tourisme et les voyages (National Travel and Tourism Strategy 2022), qui fait appel à la mobilisation et aux capacités de l’ensemble de l’administration fédérale, sera mise en œuvre sous l’égide du conseil pour la politique du tourisme (Tourism Policy Conseil) en partenariat avec le secteur privé.
Bâtir un secteur du tourisme solide et stable, plus résilient face aux chocs futurs. La pandémie et la crise liée à la hausse du coût de la vie ont mis en évidence les fragilités du secteur et la nécessité de renforcer la capacité des administrations et des entreprises à réagir et s’adapter rapidement, à élaborer des stratégies de gestion des destinations sur mesure et à promouvoir un environnement économique propice à la réussite des PME. C’est ainsi qu’au Chili, le programme de soutien au tourisme lancé en juillet 2022 est destiné à financer des activités de formation, de planification opérationnelle, de conseil, d’assistante technique, mais aussi le besoin en fonds de roulement et/ou des projets d’investissement à l’appui de la relance des PME du tourisme.
Adopter des mesures qui s’inscrivent dans la durée et soient porteuses de transformations pour promouvoir une reprise verte du tourisme. La Norvège a mis au point l’outil CO2RISM qui permet d’estimer la quantité d’émissions de CO2 liées au transport des touristes internes et des touristes étrangers en Norvège ; ce calculateur compte au nombre des différents outils opérationnels utilisés dans le cadre de la stratégie nationale du tourisme à l’horizon 2030 pour aider les destinations à basculer vers une planification et un développement plus durables du tourisme.

Découvrez l’édition 2022 de la publication Tendances et politiques du tourisme de l’OCDE, cofinancée par l’Union européenne.

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à prendre contact avec Shayne.MACLACHLAN@oecd.org

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