La Croatie effectue plus des deux-tiers de son commerce extérieur avec l’Union européenne (UE). Depuis qu’elle a adhéré à l’UE, cette part s’est accrue tant en exportations qu’en importations. Ainsi, en 2021, la Croatie réalise 69 % de ses exportations de biens avec l’UE, contre 57 % en 2012, et 74 % de ses importations de biens avec l’UE, contre 61 % en 2012 (données douanières).

L’économie croate est aujourd’hui davantage tournée vers l’UE que le reste des États membres, qui réalisent en moyenne 61 % de leurs exportations comme de leurs importations de biens et services avec l’UE. Sa situation est comparable à celle observée dans les pays d’Europe centrale et orientale membres de l’UE (respectivement 71 % et 70 %), alors que ces pays ont rejoint l’UE plus tôt, entre 2004 et 2007.

Les principaux partenaires commerciaux de la Croatie sont ainsi l’Allemagne (17 % des exportations de biens et services, graphique 1), la Slovénie (11 %) et l’Italie (10 %), devant la Bosnie-Herzégovine (9 %) ou la Serbie (5 %).

Les transactions financières extérieures de la Croatie sont principalement nouées avec la zone euro. Ainsi, à fin 2021, les résidents de la zone euro détiennent 72 % du stock d’investissements directs étrangers en Croatie et 58 % de l’encours des engagements sur titres croates, représentant respectivement 45 % et 12 % du PIB croate. Les détentions de la Croatie dans la zone euro sont moindres (37 % du stock des investissements directs sortants et 36 % des avoirs croates en titres étrangers en 2021), mais en croissance depuis 2013.

L’adoption de l’euro est rendue possible par le respect des critères de convergence nominale

Suite à la décision du 12 juillet 2022 du Conseil de l’UE, la Croatie rejoindra la zone euro le 1er janvier 2023, devenant son vingtième membre après la Lituanie en 2015. Les rapports de convergence de la Commission européenne et de la BCE attestent le respect par la Croatie des critères de convergence législatifs et économiques requis pour adopter l’euro.

Ainsi, la Croatie a atteint un degré élevé de stabilité des prix, la trajectoire des finances publiques est jugée soutenable (le déficit et la dette publics représentent respectivement 2,6 % et 78,4 % du PIB en 2021) et le niveau contenu des taux d’intérêt à long terme témoigne du caractère durable de la convergence.

En outre, le taux de change de la kuna face à l’euro est relativement stable (graphique 2) : depuis que la Croatie a rejoint le mécanisme de change avec la zone euro (MCE II) en juillet 2020, la kuna fluctue de +/- 1 % autour du cours pivot, soit bien en-deçà des marges autorisées de fluctuation de +/- 15 %.