Elle a quitté la Guadeloupe juste après l’obtention de son bac et aide aujourd’hui les ultramarins à revenir au pays. Forte de son expérience professionnelle en ressources humaines, Laïza Marie met aujourd’hui ses compétences au profit de sa communauté en véritable business woman du numérique. – Texte Anne-Laure Labenne

Elle écoute, conseille et accompagne ceux qui hésitent à revenir et ceux qui se lancent aussi. La Mornalienne de 35 ans, en dénicheuse de talents, est devenue une référence sur le réseau social LinkedIn, connectée nuit et jour, à l’affût de la moindre opportunité sur notre territoire.

Comment en êtes-vous venue à aider les ultramarins dans leur quête d’emploi ?

Je me souviens d’un reportage diffusé sur les Antilles et le lendemain, au travail, je me suis rendue compte que des collègues n’avaient retenu que les aspects négatifs de mon île natale. Je me suis demandée : est-ce vraiment ça l’image de la Guadeloupe ?

Et puis, dans les mois qui ont suivi, j’ai reçu une jeune ultramarine en entretien pour un recrutement. Son profil était très prometteur mais, en face de moi, elle manquait d’assurance. Son discours et sa posture ne convenaient pas non plus. L’entretien s’est transformé en coaching. Je me suis sentie investie d’une mission, je ne pouvais pas la laisser partir sans lui dire ce qui n’allait pas. Je souhaitais changer notre image, car les ultramarins ont du talent. Ça a été un déclic. Je lui ai donnée les codes pour se démarquer, se valoriser et convaincre un recruteur.

« J’ai pris conscience que j’étais épanouie quand j’utilisais mon expertise RH pour aider les jeunes d’Outre-mer à atteindre leurs objectifs professionnels. »

Rapidement, vous sentez qu’il y a un véritable besoin et que vous pourriez être plus utile en coach RH ?

J’ai pris conscience que j’étais épanouie quand j’utilisais mon expertise RH pour aider les jeunes d’Outre-mer à atteindre leurs objectifs professionnels. Je ne faisais pas de favoritisme, non. C’était plus par esprit de solidarité avec ma communauté. Alors, je me suis mise en quête d’associations et d’organismes œuvrant dans l’insertion des ultramarins.

Je savais, par expérience, que cela pouvait être compliqué d’arriver en France hexagonale et de se faire une place. Et puis, dans mon propre parcours, après 5 ans en RH, j’avais besoin de changement. Finalement, j’ai été démarchée par Jeunesse Outre-Mer pour être coach bénévole au sein de l’association. J’ai rapidement animé des ateliers d’insertion professionnelle et j’ai accompagné deux ingénieurs dans leur projet de retour au pays.

Vous lancez votre entreprise en 2020, animée par le côté valeur ajoutée de l’Outre-mer. Votre plan d’action passe par LinkedIn, un réseau sur lequel vous comptez 11 000 abonnés, racontez-nous…

Tous les territoires d’Outre-mer sont des pépites et tous les jeunes ultramarins ont un potentiel. Nos PME ont besoin de talent pour se développer. Via mon réseau LinkedIn constitué depuis 2016, je facilite la connexion entre les employeurs et les talents d’Outre-Mer. J’agis pour montrer que c’est possible.

J’utilise ce réseau pour valoriser les talents, les initiatives, les projets et partager des offres d’emploi d’Outre-Mer. J’ai élaboré, au fil des années, une vraie stratégie de contenus pour toucher le plus de personnes possible, pour faire, en quelque sorte, matcher l’offre et la demande.

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