En 2020, le coût de la main-d’œuvre d’un salarié travaillant dans une société de 10 salariés ou plus s’élève en moyenne à 53 730 euros par an, soit 38,7 euros de l’heure travaillée (figure 1). Le coût horaire représente l’ensemble des dépenses encourues par les employeurs pour l’emploi de leurs salariés, rapportées au volume total d’heures effectivement travaillées dans l’année (c’est-à-dire hors congés et absences quelle qu’en soit la raison).

Figure 1 – Composantes du coût horaire de la main-d’œuvre en 2020 – Lecture : les salaires, primes et traitements représentent 67,2 % de l’ensemble du coût horaire de la main-d’œuvre, soit 26,0 euros de l’heure travaillée. En euros En % Coût horaire total 38,7 100,0 Salaires, primes et traitements 26,0 67,2 Salaires, primes et traitements directs et en espèces, versés lors de chaque paie1 22,9 87,9 Salaires, primes et traitements directs et en espèces, non versés lors de chaque paie1 1,9 7,4 Épargne salariale1 0,7 2,8 Autres (salaires des apprentis, avantages en nature, versements aux caisses de congés payés) 0,5 1,9 Cotisations sociales employeurs 11,2 29,0 Cotisations sociales effectives à la charge des employeurs 8,7 77,1 Cotisations sociales imputées à la charge des employeurs 2,6 22,9 Formation professionnelle 0,5 1,2 Autres dépenses 0,1 0,2 Taxes et impôts sur l’emploi ou les salaires 1,0 2,5 Subventions -0,1 -0,2

1. Hors apprentis. Lecture : les salaires, primes et traitements représentent 67,2 % de l’ensemble du coût horaire de la main-d’œuvre, soit 26,0 euros de l’heure travaillée. Champ : sociétés de 10 salariés ou plus en France hors Mayotte, hors agriculture, activités des ménages en tant qu’employeurs, activités extraterritoriales et défense (sections B à S de la NAF rév. 2), y compris apprentis. Source : Insee, Labour Cost Survey 2020 (LCS 2020).

Sur ces 38,7 euros, 67,2 % (26,0 euros par heure travaillée) correspondent à des rémunérations assimilables à du salaire : salaires et traitements bruts, primes, épargne salariale, avantages en nature. Les indemnités de chômage partiel, considérées comme des revenus de remplacement, ne sont en revanche pas incluses. La grande majorité (87,9 %) de ces 26,0 euros est versée aux salariés lors de chaque paie sous forme de rémunération directe et en espèces. Les autres composantes ne sont pas versées lors de chaque paie, mais peuvent être de périodicité fixe (c’est le cas notamment de l’épargne salariale) ou bien relèvent des avantages en nature.

Les cotisations de protection sociale à la charge des employeurs, qu’elles soient légales, conventionnelles ou facultatives, représentent 29,0 % du coût du travail (11,2 euros par heure travaillée). Ces cotisations sont majoritairement composées de cotisations dites « effectives » (8,7 euros par heure travaillée), versées aux organismes, publics ou privés, afin de financer la protection sociale des salariés : cotisations de sécurité sociale, assurance chômage, etc. Les autres cotisations sociales, dites « imputées » (2,6 euros par heure travaillée), sont la contrepartie des prestations sociales fournies directement par les employeurs. Il s’agit par exemple des pensions de retraite versées par l’État employeur aux anciens fonctionnaires. En cas de recours au dispositif de chômage partiel, qui a été massif en 2020 (encadré), ces cotisations imputées incluent aussi l’écart entre les indemnités versées obligatoirement par les entreprises à leurs salariés (soit 70 % du salaire brut) et le remboursement qu’elles reçoivent des administrations publiques (l’éventuelle compensation au-delà de l’indemnité obligatoire est quant à elle comptabilisée dans les rémunérations assimilables à du salaire). Au plus fort de la crise sanitaire de Covid-19, au printemps 2020, celles-ci remboursaient intégralement les indemnités légales. À partir de juin 2020, la prise en charge a été abaissée à 85 % des indemnisations (soit 60 % du salaire brut), sauf dans les secteurs les plus affectés par la crise.

Hors salaires et cotisations, le reste du coût horaire représente 3,7 % du total (soit 1,5 euro de l’heure travaillée) et concerne les frais de formation professionnelle, les autres dépenses comme les frais de recrutement et les différents impôts et taxes sur la masse salariale ou l’emploi de salariés, déduction faite des subventions.

Les coûts horaires de la main-d’œuvre dans le secteur de l’hébergement et de la restauration (23,8 euros) et dans celui des activités de services administratifs et de soutien (28,0 euros) sont très inférieurs à la moyenne des secteurs (figure 2). À l’inverse, le coût horaire moyen est le plus élevé dans les activités financières et d’assurance (60,3 euros) et dans la production et distribution d’énergies (53,8 euros).

Graphique -Figure 2 – Coût horaire de la main-d’œuvre selon le secteur d’activité en 2020 Tableau – Figure 2 – Coût horaire de la main-d’œuvre selon le secteur d’activité en 2020

Figure 2 – Coût horaire de la main-d’œuvre selon le secteur d’activité en 2020 (en euros) – Lecture : dans le secteur des activités financières et d’assurance, le coût de la main-d’œuvre en 2020 atteint 60,3 euros de l’heure travaillée, dont 39,7 euros de salaires et traitements. Coût horaire total Salaires, primes et traitements Cotisations sociales employeurs Autres charges1 nettes de subventions Hébergement et restauration 23,8 18,2 5,0 0,6 Activités de services administratifs et de soutien 28,0 20,3 6,7 1,0 Transports et entreposage 32,1 23,1 7,4 1,6 Commerce ; réparation d’automobiles et de motocycles 34,2 24,1 9,2 0,8 Autres activités de services auprès des ménages 34,3 23,4 9,2 1,6 Santé humaine et action sociale 34,4 22,6 9,4 2,4 Construction 35,2 25,2 9,3 0,7 Arts, spectacles et activités récréatives 38,1 26,4 10,4 1,4 Administration publique2 38,2 23,9 13,3 1,0 Eau ; assainissement, déchets et dépollution 38,6 26,0 11,4 1,1 Ensemble des secteurs d’activité 38,7 26,0 11,2 1,5 Industries extractives 38,8 26,5 11,0 1,3 Industrie manufacturière 41,3 28,1 12,1 1,1 Activités immobilières 43,0 28,2 12,1 2,7 Enseignement2 45,3 26,3 18,3 0,7 Activités scientifiques et techniques 50,6 34,9 14,0 1,7 Information et communication 52,0 35,3 15,3 1,4 Production et distribution d’énergies 53,8 37,9 13,7 2,3 Activités financières et d’assurance 60,3 39,7 15,7 5,0

1. Les autres charges se composent essentiellement de frais de formation, de frais de recrutement et de taxes et impôts sur l’emploi ou les salaires. 2. Pour la fonction publique de l’État, les cotisations sociales à la charge de l’employeur couvrent notamment les contributions patronales imputées au titre de la retraite. Lecture : dans le secteur des activités financières et d’assurance, le coût de la main-d’œuvre en 2020 atteint 60,3 euros de l’heure travaillée, dont 39,7 euros de salaires et traitements. Champ : sociétés de 10 salariés ou plus en France hors Mayotte, hors agriculture, activités des ménages en tant qu’employeurs, activités extraterritoriales et défense (sections B à S de la NAF rév. 2), y compris apprentis. Source : Insee, Labour Cost Survey 2020 (LCS 2020).

Figure 2 – Coût horaire de la main-d’œuvre selon le secteur d’activité en 2020

1. Les autres charges se composent essentiellement de frais de formation, de frais de recrutement et de taxes et impôts sur l’emploi ou les salaires. 2. Pour la fonction publique de l’État, les cotisations sociales à la charge de l’employeur couvrent notamment les contributions patronales imputées au titre de la retraite. Lecture : dans le secteur des activités financières et d’assurance, le coût de la main-d’œuvre en 2020 atteint 60,3 euros de l’heure travaillée, dont 39,7 euros de salaires et traitements. Champ : sociétés de 10 salariés ou plus en France hors Mayotte, hors agriculture, activités des ménages en tant qu’employeurs, activités extraterritoriales et défense (sections B à S de la NAF rév. 2), y compris apprentis. Source : Insee, Labour Cost Survey 2020 (LCS 2020).

Ces écarts proviennent en premier lieu des salaires horaires et reflètent notamment des différences de qualification de la main-d’œuvre entre secteurs d’activité. Le salaire horaire moyen est ainsi le moins élevé dans l’hébergement et la restauration avec 18,2 euros de l’heure travaillée, tandis qu’il atteint 39,7 euros dans les activités financières et d’assurance.

Cependant, les écarts de coût total sont plus élevés que les écarts de salaire, du fait notamment de la progressivité globale des cotisations sociales employeurs (allègements sur les bas salaires, taux différenciés selon la catégorie du salarié, etc.) et des subventions plus massives dans certains secteurs. Ainsi, les cotisations atteignent par exemple 5,0 euros par heure travaillée dans le secteur de l’hébergement et de la restauration et 15,7 euros dans le secteur des activités financières et d’assurance.

Le coût horaire moyen s’élève à 42,5 euros dans les sociétés de 1 000 salariés ou plus, soit 10,5 euros de plus que dans celles employant 10 à 49 salariés (figure 3). Cet écart selon la taille de la société est notamment très marqué dans l’industrie : 21,4 euros entre les sociétés d’au moins 1 000 salariés et celles de 10 à 49 salariés.

Graphique -Figure 3 – Coût horaire de la main-d’œuvre selon la taille de la société et les principaux secteurs d’activité en 2020 Tableau – Figure 3 – Coût horaire de la main-d’œuvre selon la taille de la société et les principaux secteurs d’activité en 2020

Figure 3 – Coût horaire de la main-d’œuvre selon la taille de la société et les principaux secteurs d’activité en 2020 (en euros) – Lecture : dans les sociétés du secteur de l’industrie de 1 000 salariés ou plus, le coût de la main-d’œuvre en 2020 atteint 51,8 euros de l’heure travaillée, dont 34,6 euros de salaires, primes et traitements. Coût horaire total Salaires, primes et traitements Cotisations sociales employeurs Autres charges1 nettes de subventions 10 à 49 salariés Industrie 30,4 21,7 8,2 0,5 Construction 31,1 22,3 8,3 0,6 Services 32,5 23,2 8,5 0,8 Ensemble 32,0 22,7 8,5 0,7 50 à 249 salariés Industrie 37,2 26,1 10,2 0,9 Construction 35,7 25,8 9,0 0,9 Services 36,4 24,8 10,1 1,5 Ensemble 36,1 24,6 10,1 1,3 250 à 499 salariés Industrie 43,4 28,6 13,3 1,5 Construction 41,5 27,8 12,5 1,1 Services 39,1 26,3 10,9 1,9 Ensemble 39,6 26,4 11,5 1,7 500 à 999 salariés Industrie 43,6 29,6 12,7 1,3 Construction 44,9 32,1 12,4 0,5 Services 40,2 27,2 11,0 2,1 Ensemble 40,8 27,3 11,7 1,8 1 000 salariés ou plus Industrie 51,8 34,6 15,6 1,6 Construction 40,2 28,9 10,3 1,0 Services 41,5 27,4 12,1 2,0 Ensemble 42,5 28,0 12,8 1,7

1. Les autres charges se composent essentiellement de frais de formation, de frais de recrutement et de taxes et impôts sur l’emploi ou les salaires. Lecture : dans les sociétés du secteur de l’industrie de 1 000 salariés ou plus, le coût de la main-d’œuvre en 2020 atteint 51,8 euros de l’heure travaillée, dont 34,6 euros de salaires, primes et traitements. Champ : sociétés de 10 salariés ou plus en France hors Mayotte, hors agriculture, activités des ménages en tant qu’employeurs, activités extraterritoriales et défense (sections B à S de la NAF rév. 2), y compris apprentis. Source : Insee, Labour Cost Survey 2020 (LCS 2020).

Figure 3 – Coût horaire de la main-d’œuvre selon la taille de la société et les principaux secteurs d’activité en 2020

1. Les autres charges se composent essentiellement de frais de formation, de frais de recrutement et de taxes et impôts sur l’emploi ou les salaires. Lecture : dans les sociétés du secteur de l’industrie de 1 000 salariés ou plus, le coût de la main-d’œuvre en 2020 atteint 51,8 euros de l’heure travaillée, dont 34,6 euros de salaires, primes et traitements. Champ : sociétés de 10 salariés ou plus en France hors Mayotte, hors agriculture, activités des ménages en tant qu’employeurs, activités extraterritoriales et défense (sections B à S de la NAF rév. 2), y compris apprentis. Source : Insee, Labour Cost Survey 2020 (LCS 2020).

En Île-de-France, le coût de la main-d’œuvre est nettement supérieur à celui des autres régions. En moyenne, l’heure de travail y coûte 48,3 euros, contre 35,6 euros sur le reste du territoire. Les salaires y sont en effet plus élevés, avec notamment une surreprésentation de postes très qualifiés (implantation des sièges sociaux où travaillent cadres et dirigeants) et des secteurs d’activité aux coûts de la main-d’œuvre les plus élevés.

En 2020, dans les sociétés de 10 salariés ou plus de l’Union européenne (UE), le coût horaire de la main‑d’œuvre dans le secteur marchand non agricole, hors services aux ménages, s’avère très hétérogène, s’échelonnant de 6,5 euros en Bulgarie à 47,0 euros au Luxembourg (figure 4). En France, il s’élève à 39,2 euros, ce qui la place au 5e rang des pays présentant les coûts horaires les plus élevés, après le Luxembourg, le Danemark, la Suède et la Belgique mais avant l’Allemagne (37,2 euros). Les différences de salaires comme de coûts de la main-d’œuvre sont très marquées entre les pays de l’UE à 14 (ex-UE à 15) et les pays entrés plus récemment dans l’UE.

Graphique -Figure 4 – Coût horaire de la main-d’œuvre dans le secteur marchand non agricole, hors services aux ménages, en Europe en 2020 Tableau – Figure 4 – Coût horaire de la main-d’œuvre dans le secteur marchand non agricole, hors services aux ménages, en Europe en 2020

Figure 4 – Coût horaire de la main-d’œuvre dans le secteur marchand non agricole, hors services aux ménages, en Europe en 2020 (en euros) – Lecture : dans l’UE à 27 (hors Croatie), le coût de la main-d’œuvre en 2020 atteint 28,2 euros de l’heure travaillée, dont 21,4 euros de salaires et traitements. Coût horaire du travail Salaires et traitements Cotisations sociales et autres charges1 nettes de subventions Bulgarie 6,5 5,6 0,9 Roumanie 7,8 7,4 0,4 Hongrie 10,3 8,5 1,8 Lituanie 10,3 9,9 0,4 Pologne 10,6 8,7 1,9 Lettonie 11,2 8,8 2,4 Malte 12,7 12,5 0,1 Slovaquie 13,6 10,2 3,4 Grèce 13,9 11,0 3,0 Estonie 14,2 10,6 3,6 Portugal 14,3 11,6 2,7 République tchèque 14,5 10,6 3,9 Chypre 15,7 13,1 2,6 Slovénie 20,5 17,8 2,7 Espagne 22,5 16,4 6,0 Italie 28,2 20,2 8,0 UE 272 28,2 21,4 6,8 Irlande 31,5 28,1 3,4 Finlande 34,8 28,4 6,4 Pays-Bas 36,2 28,8 7,3 Autriche 36,6 26,8 9,7 Allemagne 37,2 29,1 8,0 France 39,2 27,2 12,0 Belgique 40,3 29,6 10,7 Suède 40,6 28,0 12,6 Danemark 46,4 40,6 5,8 Luxembourg 47,0 40,6 6,4 Croatie nd nd nd

nd : non disponible. 1. Les autres charges se composent essentiellement de frais de formation, de frais de recrutement et de taxes et impôts sur l’emploi ou les salaires. 2. Hors Croatie. Lecture : dans l’UE à 27 (hors Croatie), le coût de la main-d’œuvre en 2020 atteint 28,2 euros de l’heure travaillée, dont 21,4 euros de salaires et traitements. Champ : France hors Mayotte, sociétés de 10 salariés ou plus du secteur marchand non agricole, hors services aux ménages (sections B à N de la NACE rév. 2), y compris apprentis. Source : Eurostat, Labour Cost Survey 2020 (LCS 2020).

Figure 4 – Coût horaire de la main-d’œuvre dans le secteur marchand non agricole, hors services aux ménages, en Europe en 2020

nd : non disponible. 1. Les autres charges se composent essentiellement de frais de formation, de frais de recrutement et de taxes et impôts sur l’emploi ou les salaires. 2. Hors Croatie. Lecture : dans l’UE à 27 (hors Croatie), le coût de la main-d’œuvre en 2020 atteint 28,2 euros de l’heure travaillée, dont 21,4 euros de salaires et traitements. Champ : France hors Mayotte, sociétés de 10 salariés ou plus du secteur marchand non agricole, hors services aux ménages (sections B à N de la NACE rév. 2), y compris apprentis. Source : Eurostat, Labour Cost Survey 2020 (LCS 2020).

La part des salaires et traitements bruts dans le coût de la main-d’œuvre varie sensiblement selon les pays en fonction de la législation sociale et fiscale mais aussi du mode de financement de la protection sociale. Ainsi, dans l’UE à 14, le coût total de la main-d’œuvre danoise est l’un des plus élevés, mais les éléments de coûts s’ajoutant aux salaires et traitements bruts y sont réduits (12,5 % du coût total) du fait d’un financement de la protection sociale principalement par l’impôt. Inversement, la part des autres éléments de coûts est élevée en Italie (28,4 %) ou en Espagne (26,7 %), alors que le coût total de la main-d’œuvre y est relativement modéré. Pour la France, ces autres éléments de coût représentent 30,6 % du coût total en 2020, soit un des niveaux les plus forts en Europe, après la Suède.

En complément des données de l’enquête Labour Cost Survey (LCS) 2020, qui fournit un panorama détaillé de la structure du coût de la main-d’œuvre en 2020 en France et dans les autres pays européens, l’indice de coût du travail (ICT) permet d’en suivre les évolutions annuelles et infra-annuelles. Mesuré selon l’ICT, le coût horaire du travail croît en moyenne de 3,9 % en France entre 2019 et 2020 dans l’ensemble des sociétés du secteur marchand non agricole, hors services aux ménages. La majeure partie de ce coût horaire correspond à des rémunérations assimilables à du salaire ; rapportées aux heures rémunérées, elles augmentent davantage, de 4,5 % en un an. L’ampleur de ces hausses est néanmoins en trompe-l’œil. En effet, la répartition du volume horaire de travail des salariés a été profondément modifiée en 2020, et ce de façon temporaire : les ouvriers et les employés ont été plus souvent au chômage partiel tandis que les cadres ont plus souvent télétravaillé ; de plus, les secteurs les plus touchés par les restrictions d’activité sont aussi les moins rémunérateurs (notamment l’hébergement-restauration). L’évolution du salaire horaire moyen (et par suite du coût horaire moyen) provient donc, d’une part, de ces modifications de structure (effet de composition) et, d’autre part, de l’évolution des salaires dans chaque groupe de salariés. Cet effet de composition du volume de travail contribue pour moitié à la hausse du salaire horaire moyen entre 2019 et 2020.

En outre, le coût du travail a été directement affecté en 2020 par diverses mesures de soutien décidées dans le cadre de la crise sanitaire. En raison de la reconduction et de l’élargissement du dispositif de prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (Pepa), exonérée de tout prélèvement social ou fiscal, les montants versés à ce titre par les entreprises à leurs salariés ont augmenté (environ 3 milliards d’euros en 2020, contre 2 milliards en 2019), contribuant pour + 0,2 point à la hausse du salaire horaire et pour + 0,1 point à celle du coût horaire du travail. A contrario, la mise en place du plan « 1 jeune, 1 solution » à l’été 2020 pour accompagner l’insertion des jeunes sur le marché du travail (primes à l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans, aide au recrutement d’alternants) a pesé à hauteur de – 0,1 point sur l’évolution du coût horaire du travail. Enfin, le plan de soutien au secteur touristique et aux secteurs connexes a contribué à la baisse du coût horaire du travail de 0,5 point en 2020. Ce plan prévoyait l’exonération de cotisations sociales patronales ainsi qu’une aide au paiement des cotisations pour certaines périodes de l’année et pour certains secteurs très touchés par la crise. Ces mesures ont toutefois joué de manière très différenciée selon les secteurs d’activité ; dans l’hébergement-restauration, particulièrement affecté par la crise sanitaire, le coût horaire du travail a ainsi baissé de 3,4 % entre 2019 et 2020 en raison de ces allègements.

Publication rédigée par : Aurélie Delaporte (Insee)