Le premier ministre du Monténégro, Dritan Abazovic, renversé par une motion de censure le 19 août, continue de gérer les affaires courantes, notamment la vaste cyberattaque contre les institutions du pays. RISTO BOZOVIC / AP

Le Monténégro est victime d’une importante cyberattaque, qui vise plusieurs institutions du pays, a annoncé le premier ministre, Dritan Abazovic, après avoir réuni le Conseil de sécurité nationale tard vendredi 26 août pour décider des mesures à prendre. Il s’agit de la deuxième cyberattaque, après une première vague ayant frappé des institutions de ce pays de 620 000 habitants juste après une motion de censure qui a renversé le 19 août son gouvernement.

Le chef du gouvernement, qui gère désormais les affaires courantes, va adresser « une demande aux partenaires internationaux pour recevoir une aide d’experts afin de recouvrer éventuellement des données récupérées dans cette attaque et pour prévenir des attaques à l’avenir ».

Parmi les « pays ennemis » de la Russie

M. Abazovic ne s’est pas exprimé sur les origines de cette attaque, mais son ministre de la défense a désigné la Russie. Pour Rasko Konjevic, égalenement vice-premier ministre, il s’agit d’« attaques très sophistiquées qui ne peuvent pas être menées par des individus ». « Qui pourrait avoir une sorte d’intérêt politique pour infliger de tels dégâts au Monténégro ? Je trouve qu’il y a suffisamment [d’éléments] de douter sur le fait que la Russie est derrière l’attaque », a-t-il affirmé à la télévision.

Le Monténégro, membre de l’OTAN, a été ajouté en mars par la Russie sur sa liste de « pays ennemis », après son alignement sur des sanctions de l’Union européenne contre Moscou en raison de son invasion de l’Ukraine.

« Toutes les infrastructures essentielles » en danger

Plusieurs médias, citant un « briefing informel » pour la presse locale à l’Agence de sécurité nationale (ANB), affirment samedi que l’attaque est dirigée par « plusieurs services russes ». Selon la même source, « toutes les infrastructures essentielles » sont en danger, notamment les systèmes d’électricité et d’approvisionnement en eau. Les centrales électriques ont basculé sur le mode manuel de fonctionnement.

Les systèmes informatiques de plusieurs institutions ont été « infectés », dont celui du ministère des finances, selon le premier ministre, alors que le ministre de la fonction publique a assuré que « les comptes des citoyens et des entreprises, tout comme leurs données, ne sont pas menacés ».

L’ambassade des Etats-Unis a émis un avertissement aux ressortissants américains dans le pays, précisant que ces cyberattaques « persistantes » pourraient causer des « perturbations dans les secteurs des services publics, des transports, y compris sur des passages frontaliers et dans les aéroports, ainsi que dans le domaine des télécommunications ».

Le Monde avec AFP

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