Les modalités de calcul de l’empreinte carbone ne sont ni normées ni standardisées à l’échelle internationale. L’approche développée par le Service des données et études statistiques (SDES) est fondée sur une modélisation macro-économique « input-output » également mobilisée par la plupart des organismes statistiques internationaux.

Les sources de données et hypothèses retenues pour l’élaboration des modèles de calcul sont propres à chaque producteur.

Sont présentés ci-après les résultats du modèle « Icio » de l’OCDE qui couvre uniquement le CO2 d’origine énergétique, ainsi que ceux issus du modèle « Exiobase » qui portent sur l’ensemble des GES et ceux issus du modèle « Figaro » d’Eurostat qui ne porte que sur le CO2.

L’empreinte carbone de la demande finale estimée par l’OCDE (CO2 d’origine énergétique uniquement)

L’OCDE calcule une empreinte carbone en s’appuyant sur un périmètre de GES plus restreint (CO2 énergétique uniquement) que celui de l’indicateur français (CO2, CH4, N2O). La méthodologie de calcul de l’empreinte n’est pas non plus identique à celle de la France.

Selon les estimations de l’OCDE, en 2018 (année la plus récente disponible), l’empreinte carbone de la France (6,8 t CO2/habitant) est inférieure à la moyenne européenne (7,8 t CO2/habitant). En 2018 l’empreinte carbone de l’Allemagne calculée par l’OCDE était de 10,4 t CO2/habitant et la moyenne mondiale s’établissait à 4,4 t CO2/habitant.

L’estimation de 2018 de l’OCDE pour la France (6,8 t CO2/habitant) est un peu inférieure à l’estimation du SDES pour la même année : 7,3 t CO2/habitant. À noter que le SDES tient compte du CO2 issu de la combustion d’énergie et de celui issu des procédés industriels alors que l’OCDE estime l’empreinte carbone pour le CO2 issu de la combustion d’énergie uniquement.

Graphique 5 – Comparaison internationale d’empreintes CO2 en 2018 (OCDE)

En t CO2 (CO2 d’origine énergétique uniquement)

Source: OCDE 2022. – © Traitements SDES, 2022

La comparaison de l’estimation d’empreinte du SDES et des estimations issues du modèle « Exiobase » de l’OCDE et de « Figaro » d’Eurostat

Cette comparaison montre une forte similarité des évolutions de l’empreinte, tant sur le périmètre des trois GES que pour le CO2 seul. Les niveaux varient toutefois selon les modèles, les différences pouvant s’expliquer notamment par le champ couvert (émissions de CO2 énergétique seulement pour l’OCDE, par exemple) mais aussi par les sources de données utilisées et les hypothèses retenues par les différents organismes pour construire leur modèle.

Graphique 6 – Comparaison des estimations d’empreinte carbone de la France : résultats du SDES, résultats issus du modèle « Exiobase » et du modèle « Icio » de l’OCDE, et du modèle « Figaro » (Eurostat) – (CO2 uniquement)

En Mt CO2 eq

Champ : émission de CO2, CH4 et N2O – © Source: Exiobase 3.8. Traitements SDES, 2022

Graphique 7 – Comparaison des estimations d’empreinte carbone de la France : résultats du SDES et résultats issus du modèle « Exiobase »- (CO2, CH4 et N2O)

En Mt CO2 eq

Champ : émission de CO2 (CO2 énergétique pour l’OCDE) – © Source: Exiobase 3.8. Traitements SDES, 2022

La hausse tendancielle de la part des émissions importées est également commune aux quatre modélisations.

Graphique 8 – Comparaison des estimations d’empreinte carbone de la France : part des importations dans l’empreinte carbone

En Mt CO2 eq

Champ : émission de CO2, CH4 et N2O – © Source: Exiobase, OCDE. Traitements SDES, 2022