« Cette première journée a été riche et intense. Il y a eu une affluence de visiteurs dès l’ouverture. On ne s’y attendait pas, mais nous sommes ravis ». Ce ressenti exprimé, à la fin de la première journée du Salon de la Plongée, par Laurence Corenthin, responsable Croisière et Nautisme au sein du Comité du Tourisme des Iles Guadeloupe, est partagé par les autres acteurs ultramarins. En effet, en ce vendredi 6 janvier, c’est l’effervescence autour des 170 stands repartis sur près de 13 000 m2. Les organisateurs du Salon espèrent faire mieux que l’année dernière. En 2022, ils étaient 45 000 visiteurs à avoir fait le déplacement pour la 23ème édition de ce Salon que l’on ne présente plus et qui attire chaque année des publics de tout horizon.

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Rendre la plongée plus durable

Le Salon International de la Plongée Sous-Marine signe donc son grand retour avec, pour cette nouvelle édition, une question qui marque la grande thématique de cette année : « Comment rendre la plongée plus durable ? ». Sur le stand de la Polynésie Française, on est très heureux du choix de la thématique, même si pour Odile Lichon, représentante de Tahiti Tourisme, l’organisme de promotion touristique du territoire, cette question ne s’est jamais posée pour Tahiti et ses Iles. « Dès 2002, la Polynésie française a pris un arrêté faisant de ses eaux territoriales de plus grand sanctuaire du monde pour les baleines et les mammifères marins. On a dans l’archipel de Tuamotu des îles classées ‘réserve de biosphère’ de l’Unesco. Protéger notre environnement, notre biodiversité, nous avons toujours vécu comme ça ». Un patrimoine protégé et à préserver, c’est également le cas en Nouvelle-Calédonie, comme le rappelle la représentante du stand, Leah Lehonore : « Nous avons quand même une barrière de corail, Patrimoine mondial de l’Unesco, qui est protégée sur pratiquement 15 000 km². Ce lagon, totalement protégé, est dans un très bel état et nous en sommes fiers. Les prestataires d’activités nautiques ont donc toujours œuvré dans le respect de cet environnement ».

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Pas très loin du stand de la Nouvelle-Calédonie se dresse le stand de la Martinique. Au sein de la délégation, ce sont neuf clubs de plongée qui sont représentés. Pour Jean-Roger Salinière du Comité Martiniquais du Tourisme, la délégation est totalement dans le thème de cette année : « Nous avons justement deux nouveaux clubs qui ont développé un axe développement durable, éco-responsable grâce à des bateaux qui sont électro solaires. Ainsi, les passagers peuvent eux-mêmes recharger leurs bouteilles à l’aide de l’énergie solaire ».

Ainsi, aux questions, « Comment pouvons-nous nous engager vers une plongée plus durable que ce qu’elle n’est aujourd’hui ? », « Comment pouvons-nous être exemplaire ? » , qui seront posées à l’occasion des Assises de la Plongée Durable qui se tiendront pour la première fois à l’occasion ce Salon, les Outre-mer semblent de leur côté avoir déjà réfléchi aux changements nécessaires pour apporter pour une meilleure préservation de la biodiversité pour les futures générations.

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Rencontrer, Rassurer, Fidéliser 

Outre les enjeux écologiques, les répercussions touristiques et économiques ne sont pas à négliger pour les territoires ultramarins. Ce Salon est un incontournable. Y participer, c’est avoir l’opportunité de rencontrer de nouveaux publics, de potentiels touristes attirés par la destination et les plongées qui peuvent être réalisées. « Nous sommes régulièrement classés parmi les plus grands et les plus beaux lagons du monde », rappelle Julie Fournereau, Responsable Promotion et Communication de l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte, « or pour beaucoup : soit on ne sait pas où Mayotte se situe, soit on a peur d’y aller. L’enjeu, c’est de montrer que non seulement il y a des sites magnifiques, mais c’est accessible. C’est de dire aussi qu’il y a des vols directs depuis Paris et surtout nous sommes là pour pouvoir échanger avec les visiteurs, pour leur parler de notre quotidien ; leur dire qu’en plus d’avoir de superbes sites de plongées, et bien on y vit très bien ! ». Trouver un interlocuteur avec qui échanger, c’est aussi cela que les visiteurs viennent chercher. Beaucoup ont déjà réservé leurs vols et souhaitent être rassurés. « On a beaucoup de personnes qui ont leur projet vacances mais qui souhaitent qu’on leur propose des mix « plongée-découverte du territoire », explique « Laurence Corenthin, responsable Croisière et Nautisme au sein du Comité du Tourisme des Iles Guadeloupe. « D’autres ont leurs billets pour février, mars ou la fin de l’année et souhaitent peaufiner leur séjour, avoir plus d’informations, savoir ce qu’on peut leur proposer comme visites… C’est aussi l’un de nos objectifs : qu’ils aient envie de venir, peut-être pour la plongée, mais de revenir surtout, pour voir autre chose »…

Voir autre chose, c’est, en effet, possible. Des territoires comme celui de La Réunion, misent, depuis des années sur des stratégies multiples : adosser à la plongée d’autres secteurs d’activités pour renforcer l’attractivité du territoire.

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À côté de cela, ce sont de nombreuses conférences, activités, expositions qui sont proposées au Salon International de la Plongée Sous-Marine. L’occasion de rencontrer et d’échanger avec des personnalités du milieu à l’instar de François Sarano, L’ancien directeur de recherche du programme Deep Ocean Odyssey et ancien conseiller scientifique du Commandant Cousteau, parrain de cette édition 2023. Les visiteurs pourront également rencontrer le champion du monde d’apnée Guillaume Nery ainsi que le plongeur et photographe de renom Laurent Ballesta.

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Pour ceux qui le souhaitent, il est également possible de passer, gratuitement, différents baptêmes de plongée ou d’apnée grâce au bassin de 200m2 chauffé situé au centre du hall d’exposition. « Le public est pris en charge pour s’équiper, s’initier aux gestes de base de la communication sous l’eau et apprendre à respirer sous l’eau. Le Salon met à disposition tout le matériel nécessaire hormis les maillots de bain et serviettes », indiquent les organisateurs de l’événement sur leur site internet.

Abby Said Adinani