« Afin d’évaluer l’état des stocks exploités et de développer une pêche durable à Mayotte, les scientifiques et les gestionnaires du milieu marin étudient la biologie de six espèces de poissons pêchées sur les récifs de Mayotte » indiquent le Parc marin et l’OFB. L’étude DEMESTOCK a plus en détail trois objectifs : « acquérir des données biologiques sur six espèces de poissons démersaux de récif », « distinguer différentes populations d’une même espèce » et « proposer des critères pour décrire l’état des populations de poissons ». 

« Pour mener à bien cette étude, six espèces de poissons démersaux ont été sélectionnées, suivant plusieurs critères d’intérêt, notamment parce qu’ils sont couramment pêchés selon les informations disponibles via le SIH (Système d’Information Halieutique) » précise-t-on. Depuis septembre, l’équipe de terrain collabore avec les pêcheurs locaux pour échantillonner les espèces définies en collaboration avec le Parc. 

Dans le cadre de cette étude, les poissons sont d’abord pesés et mesurés. Ces mesures permettront de connaître les relations entre le poids et la taille des différentes espèces ainsi que la croissance des individus pour chaque espèce (taille ou poids en fonction de l’âge). Les gonades, organes reproducteurs des poissons, sont observées pour déterminer le sexe et le stade de maturité de chaque individu.

Ces informations permettront de décrire le cycle de reproduction et d’affiner les informations sur la croissance en fonction du sexe. Enfin les otolithes, de petits os situés dans la tête des poissons, sont extraits. Ils permettent de connaître l’âge de chaque individu. L’analyse de leur forme permet de vérifier l’existence de populations différentes à l’échelle de Mayotte. 

« L’étude des stocks est une obligation de l’Union européenne pour lever les freins au développement durable de la pêche côtière, notamment par l’autorisation du financement des équipements de pêche professionnels », assurent le Parc marin et l’OFB. « Cette étude participe à la connaissance halieutique nécessaire pour soutenir la pêche artisanale mahoraise. L’effort financier et scientifique devra être poursuivi pour atteindre la connaissance de l’état des populations de 40% des espèces exploitées à Mayotte, comme demandé par l’Union européenne ».

L’étude a reçu le soutien financier de l’Union européenne – NextGenerationEU, de France Relance et de l’Office français de la biodiversité, et sera menée par le Parc marin et le bureau d’étude OCEA Consult’, avec l’appui du CUFR de Mayotte.