La santé au travail est un sujet phare dans les entreprises, aujourd’hui. La délégation aux droits des femmes du Sénat s’est alors penché sur la santé des femmes au travail. Et leur constat est assez inquiétant, puisqu’il semble que les femmes sont beaucoup plus touchées que les hommes par les accidents de travail et les risques musculo-squelettiques.

Les chiffres éloquents de la souffrance des femmes au travail

Le jeudi 8 décembre 2022, la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes a organisé une table ronde sur le thème “Santé des femmes et travail : une approche historique et sociologique”, dans le cadre du rapport d’information sur la santé des femmes.

Et certains chiffres ont été particulièrement mis en avant : 

En 2018, 88% des 50 000 personnes atteintes de maladie professionnelle l’étaient à cause de troubles musculo-squelettiques. Parmi elles, 55% sont des femmes. Globalement, les femmes sont deux fois plus exposées aux risques musculo-squelettiques que les hommes. Entre 2001 et 2019, on a constaté une baisse de 27% des accidents du travail chez les hommes… … et une hausse de 42% des accidents du travail chez les femmes sur la même période (en majorité dans les secteurs de la santé, de l’action sociale, du nettoyage, du travail temporaire, des services de commerce et de l’industrie alimentaire.).

Pourquoi les femmes souffrent-elles plus que les hommes ? 

Les raisons avancées par la délégation aux droits des femmes du sénat pour expliquer cette souffrance sont multiples : 

La pénibilité physique ou psychique de certains métiers occupés traditionnellement par les femmes. Des actions de prévention insuffisantes. Un manque d’ergonomie de l’environnement de travail. Plus de gestes répétés dans certains métiers. Des contrats précaires qui pèsent sur le moral des travailleuses. Des temps partiels et des horaires décalés subis. Des charges domestiques qui pèsent plus souvent sur les femmes et une vie personnelle souvent plus dense que celle des hommes (plus de familles monoparentales chez les femmes).

Autre point important souligné, entre autre par Caroline de Pauw, sociologue, directrice de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS)-Médecins libéraux des Hauts-de-France, et chercheuse associée au Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clerse) : une “sous-estimation de la pénibilité féminine qu’on va considérer comme moins dangereuse.”

En effet, la représentation de la pénibilité, dans l’imaginaire collectif, reste plus liée aux conditions de travail du mineur que de celles de la caissière ou de l’aide à domicile. Les femmes occupent des postes ou les risques professionnels sont « invisibles » mais tout autant difficiles : travail répétitif, charge émotionnelle, travail en posture debout… 

Lire la suite de l’article de Adeline Lajoinie sur le site culture-rh.com , Comment mieux prendre en compte la souffrance des femmes au travail ? 

Le marché du travail et la souffrance au travail

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