Malgré le froid, les exposants du pavillon Outre-mer sont satisfaits de leur présence au salon international de la restauration, de l’hôtellerie et de l’alimentation (SIRHA) à Lyon qui se tient actuellement jusqu’au 23 janvier. En effet,12 entreprises de Guadeloupe, de Guyane, de la Martinique et de La Réunion ont pu durant quatre jours faire la promotion de leurs produits lors de ce salon professionnel. Sur une centaine de mètres carrés, le Pavillon Outre-mer a pu présenter une gamme diversifiée de produits agro-alimentaires des Outre-mer, allant des produits de la mer pêchés dans l’océan indien, de l’épicerie fine avec des condiments issue de la forêt guyane ou encore des ravioles aux saveurs et aliments de la cuisine antillaise. Une mobilisation de ces entreprises ultramarines possible grâce à l’accompagnement de Business France et de la Team France Export Outre-mer – soutenu par le Ministère des Outre-mer-  qui joue le rôle d’accompagnateur de ces entreprises ultramarines. « Notre vocation est d’accompagner soit individuellement ou collectivement des entreprises pour les ouvrir des portes sur le marché international. L’idéal pour nous est que ces entreprises puissent contracter, débloquer des premières ventes sur les marchés internationaux» indique Johann Remaud chargé Outre-mer à Business France.

Visibilité, Rechercher des distributeurs 

Avec SHEDA ( acronyme pour Saveurs d’hier et d’aujourd’hui), l’entrepreneur martiniquais Fabrice Dalmat espère faire « profiter le monde» des ressources culinaires dont dispose la Martiniquaise. « C’est un honneur en tant jeune entreprise de participer à ce salon, de promouvoir et de présenter ses produits», nous confie-t-il. Cette participation à ce salon est une manière de tester son concept. « Voir la réaction des visiteurs à la dégustation de nos produits, nous conforte dans notre démarche et du potentiel de nos valeurs culinaires». Depuis près d’un an, l’entreprise SHEDA a développé deux gammes de ravioles faites à partir de farine de patate douce ou de bananes jaunes. Fabrice Dalmat commercialisera en Martinique ses produits à partir de février prochain dans les hôpitaux, les écoles, ou encore en maisons de retraite, puis  prochainement s’insérer sur le marché guadeloupéen. En attendant, l’entreprise travaille sur une nouvelle famille de produits,des spaghettis à base de farine de fruit-à-pain et de patate douce.

Deux stands plus loin, Maeva Mendy, consultante pour Comptoirs d’Amazonie souligne que le « SIRHA est une belle opportunité de faire découvrir la jeune marque d’épicerie fine Comptoirs d’Amazonie mais également de rechercher des distributeurs». « L’objectif premier de venir au SIRHA est déjà atteint. L’objectif second est celui de la visibilité, de pouvoir rencontrer des partenaires, de gagner en idées et en opportunités de développement. A ce jour, les produits sont exclusivement commercialisés en Guyane en supermarchés et en hypermarchés. Mais, la cible à l’export sera de cibler les épiceries fines principalement, les restaurateurs, les boulangeries-pâtisseries susceptibles de proposer nos produits à la vente ou conceptualisation de nos produits avec leurs produits», indique Maeva Mendy.

«Il y a un attrait pour les produits ultramarins»

Et pour convaincre davantage les visiteurs, les chefs Béatrice Fabignon et Jean-Rony Leriche se succèdent à tour de rôle pour présenter des recettes avec les produits du pavillon Outre-mer. Après un entremets chocolat à la farine de patate douce et à la confiture de tanghor, le chef Leriche s’attèle à préparer un chocolat martiniquais. « Le but est de mettre en avant tous les producteurs qui produisent des choses et faire découvrir au public ces produits. Il y a une très bonne sélection de produits. Originaire des Antilles, il y avait des produits de La Réunion que je connaissais pas comme le tanghor. C’est un agrume que je ne connaissais pas». 

« Les artisans, les créateurs, les fondateurs des entreprises présentes ont beaucoup de mérite de valoriser des produits que l’on connaît tous. C’est le cas notamment du chocolat martiniquais mais de pouvoir le commercialiser, de s’industrialiser pour le plus grand nombre, ce n’était pas encore fait. En Outre-mer, nous avions beaucoup de produits bruts (mangues, piments,fruit-à-pain mais on avait beaucoup de mal à les transformer. Aujourd’hui, on développe beaucoup de condiments, faire de la conserverie. Il y a un attrait pour les produits ultramarins. Certaines personnes disposent de produits bruts comme la banane plantain mais ne savent pas comment les transformer, les préparer. Avec des produits transformés en farine ou des préparations prêtes à l’emploi, nous leur apportons un savoir-faire différent. Par exemple, si l’on veut manger du colombo mais sans savoir le faire, une exposante propose la sauce toute faite. Il est plus simple pour elle de cuire cette sauce avec du poisson ou tout autre accompagnement», précise pour sa part Béatrice Fabignon.