Paul-Aimé William, doctorant en histoire de l’art à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, réside à la Villa Albertine. Cette structure créée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, avec le soutien du ministère de la Culture, accueille et soutient des créateurs aux Etats-Unis. Paul-Aimé William, fait partie de la dernière promotion.

Marie-Claude Thébia Publié le 12 janvier 2023 à 16h55, mis à jour le 12 janvier 2023 à 16h56

Paul-Aimé William, vit un rêve éveillé. Il en profite pleinement. Ce Guyanais est résident à la Villa Albertine. Un lieu de résidence prestigieux qui accueille des artistes du monde entier aux Etats-Unis. Créée par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères  avec le soutien du ministère de la Culture, la Villa Albertine renouvelle le concept de résidence, « en déplaçant le centre de gravité du lieu de résidence au territoire de résidence et invite à explorer ce pays-continent à partir des 10 grandes villes des Etats-Unis où elle est présente ».

Ce haut lieu culturel est animé par une équipe de 80 personnes réparties à Atlanta, Boston, Chicago, Houston, Los Angeles, Miami, New York, La Nouvelle-Orléans, San Francisco, et Washington, D.C. Elle propose un programme annuel de 60 résidences d’exploration, d’une durée d’un à trois mois, destiné à des créateurs, des chercheurs mais aussi des professionnels du monde culturel.

Parmi les derniers lauréats : Paul-Aimé William. Né à Kourou en 1996, il a d’abord effectué des études de mathématiques à l’Université de Guyane. Puis, finalement, il se consacre à l’Histoire de l’art en se réorientant vers l’Enseignement Supérieur des Arts Plastiques à l’Université de Paris 8.

Paul-Aimé William devient doctorant en Histoire de l’Art (EHESS & IMAF-Institut des mondes africains) sous la direction de Carlo Célius.Il est également membre du collectif Afrikaada (une revue d’art contemporain africain).

Sa thèse intitulée « Art contemporain en Guyane (1969-2020) » est une enquête sur 50 ans d’histoire de l’Art en Guyane. Cette thèse lui a permis de se voir accorder la Bourse Beauford Delaney de la fondation Ford pour la recherche en Histoire de l’Art, après avoir été retenu par le Comité de sélection de l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA) à Paris.

La bourse Beaufort Delaney récompense une recherche originale sur l’art africain-américain. Elle lui permettra de bénéficier d’un accompagnement sur mesure durant son séjour de trois mois à Washington et à New-York, au sein du Programme de résidences Villa Albertine. Paul-Aimé William a été sélectionné également, pour son projet de recherche sur James Amos Porter, un historien de l’art dont l’ouvrage Modern Negro Art publié en 1943, a initié le développement d’une autre approche de l’art africain-américain.

J’ai évolué entre l’Université Paris 8, le militantisme dans le collectif d’artistes AFRIKADAA et le monde de l’art parisien. Faire de la recherche dans un domaine singulier comme l’histoire de l’art depuis cette terre qui subit de nombreuses formes d’extractivisme est ma manière de résister, d’aborder de manière croisée des problématiques sociales, politiques et esthétiques dans ce coin de la Caraïbe. J’aborde mon nouveau travail de recherche sur l’historien de l’art africain américain James Amos Porter avec une grande humilité compte-tenu de la gravité de ses travaux et avec une intense proximité du fait que les Etats-Unis représentent l’un des territoires coloniaux ayant connu l’Esclavage des humanités africaines…

Paul-Aimé William

Site Villa Albertine

New York Manhattan ©Marie-Claude Thébia

À New-York, Atlanta et Washington DC, il se rendra dans les différents centres de recherche où sont conservées les archives de James Porter.

Faire de la recherche dans un domaine singulier comme l’histoire de l’art depuis cette terre qui subit de nombreuses formes d’extractivisme est ma manière de résister, d’aborder de manière croisée des problématiques sociales, politiques et esthétiques dans ce coin de la Caraïbe. J’aborde mon nouveau travail de recherche sur l’historien de l’art africain américain James Amos Porter avec une grande humilité compte-tenu de la gravité de ses travaux et avec une intense proximité du fait que les Etats-Unis représentent l’un des territoires coloniaux ayant connu l’Esclavage des humanités africaines… En effet, les recherches, créations et débats sur la condition des noirs dans le monde répondent, depuis le milieu du XVIe siècle, à des questions et violences anti-noires qui sont toujours à l’œuvre aujourd’hui  

Paul-Aimé William

Site Villa Albertine

Cette résidence aux Etats-Unis durera trois mois. Paul Henri Williams déborde de projets. Sa priorité toutefois, est de terminer sa thèse en Guyane. Agé seulement de 26 ans, le monde s’ouvre à lui.

A lire et à écouter sur Radio France :→ Aux Etats-Unis , Paul Aimé William sur les pas de James Amos Porter.