La réforme de la Constitution annoncée par le chef de l’Etat devra être mise à profit par le congrès des élus afin d’offrir des opportunités nouvelles pour le développement de notre territoire.

Jean-Marc Party Publié le 9 janvier 2023 à 14h49, mis à jour le 9 janvier 2023 à 14h53

Allons-nous vers une nouvelle réforme des institutions ? La réponse sera donnée lors de la prochaine réunion du congrès des élus, dont la date reste à déterminer. Le congrès des élus sera l’un des rendez-vous majeurs du calendrier politique de 2023.

Cette instance regroupe les 60 élus de la CTM, les 34 maires et les 6 parlementaires. Sa mission : proposer des formules d’organisation des pouvoirs publics sur le territoire. En clair : une réforme institutionnelle, un changement de statut ou de simples adaptations des lois afin de rendre plus efficace l’action des collectivités locales. Depuis juillet 2022, le congrès s’est réuni à trois reprises.

La dernière réunion du 21 décembre 2022 a été conclue par les mots de Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la Collectivité Territoriale de Martinique.

Nous avons encore un mois ou deux pour parfaire techniquement nos propositions pour préparer le dernier Congrès qui sera le Congrès des Résolutions, afin de conjuguer les réponses du quotidien, l’affirmation de nos responsabilités et demander une évolution avec le peuple, pour le peuple, qui devra bien sûr se prononcer.

Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM

Le congrès a franchi les limites de son périmètre pour solliciter directement la population. Chacun a été invité à donner son avis sur une série de thèmes recoupant ses préoccupations quotidiennes. Plus de 3 000 personnes ont participé à cette démarche, lors de réunions publiques ou sur une plateforme numérique. Les acteurs économiques ont été auditionnés également.

La population et les représentants des corps intermédiaires ont été invités à échanger avec les élus sur des sujets touchant à la vie quotidienne : coût de la vie, insécurité, crise économique, transport collectif, santé, eau, transition énergétique, gestion des déchets, entre autres.

Lors de la séance inaugurale en, juillet 2022, il avait été expliqué clairement que la population demande « des réponses fortes, immédiates et concrètes » pour résoudre des problèmes récurrents auxquels elle est confrontée. Les avis recueillis vont alimenter les demandes que va présenter le congrès au gouvernement pour fluidifier les relations entre notre territoire et le pouvoir central.

Il s’agit de se saisir de l’occasion offerte par la prochaine réforme de la Constitution envisagée par le Président de la République qui souhaite aller vers « une vraie décentralisation » selon le mot d’Emmanuel Macron.

Un groupe de travail sera piloté par Séverine Termon, membre du conseil exécutif de la CTM, et Louis Boutrin, élu du Gran Sanblé Pou Matinik à l’Assemblée de Martinique. Leur feuille de route : « établir une plateforme de négociations avec l’Etat sur les thématiques clés pour l’avenir des Martiniquais » selon le communiqué officiel.

Au mois d’avril 2023, un Comité interministériel se réunira pour donner suite aux demandes formulées dans l’Appel de Fort-de-France. Ce document signé en mai 2022 par sept exécutifs de collectivités d’outre-mer réclame la refonte des relations de nos territoires avec l’Etat. Il va sans dire que cette année encore, la Martinique se trouve à la croisée des chemins.