Sobriété, l’heure de passer la seconde

Sommart / Adobestock Les consultations ont repris. Après une première série de groupes de travail réunis à l’été 2022, le ministère de la Transition énergétique a lancé l’acte 2 de son plan de sobriété.
A la suite d’une réunion organisée mardi 21 février sur le sport, une autre sur les établissements recevant du public, vendredi 24 février, une rencontre estampillée « territoires » est attendue incessamment. Programmée mercredi 8 mars, elle a finalement été repoussée de quelques jours. L’ambition : faire un point sur l’objectif de baisse des consommations de 10 % en deux ans fixé pour faire face aux difficultés d’approvisionnement en gaz et en électricité. Puis rappeler que le travail ne fait que commencer. D’ici 2050, la demande devra baisser de 40 % si l’on veut atteindre la neutralité carbone.
Bond en avant sur l’éclairage public
À l’heure des premiers bilans, plusieurs pistes semblent prometteuses pour ceux qui ne les ont pas encore empruntées. En décembre, Enedis a par exemple constaté une baisse de 20 % de la demande de l’éclairage public entre minuit et 4 heures du matin… ce qui n’a rien d’anecdotique dans les communes. Ce poste de dépense représente plus du tiers de la facture d’électricité.
Mieux, l’extinction nocturne a été largement plébiscitée par la population si l’on en croit les multiples sondages organisés par les élus locaux qui ont franchi le pas. « Ce qui était considéré comme fou furieux il y a vingt ans et courageux il y a six mois est devenu la règle », se félicite Nicolas Garnier. Qui, contrairement au Serce, est persuadé qu’on ne reviendra pas en arrière. Désormais, « les collectivités vont devenir plus attentives sur l’optimisation de l’éclairage », insiste-t-il par ailleurs : la consommation des ampoules bien sûr, mais aussi l’espacement ou la puissance des points lumineux.
Système D
L’autre grande avancée concerne le bâtiment avec une application plus stricte des températures de confort réglementaires (le fameux 19 degrés) et une instrumentation permettant de mieux comprendre où sont les consommations, et de piloter les installations. Si là encore, les résultats semblent au rendez-vous, les marges sont immenses dans les collectivités les moins avancées. La plupart ont pris la chose au sérieux cet hiver – « 90 % des personnes qui ont répondu à notre enquête flash ont travaillé sur le sujet », rapporte Maxime Scheffer, chargé de mission chez Amorce – mais elles l’ont parfois fait avec les moyens du bord.
« Quand il n’existe pas de solution de télégestion, c’est compliqué car c’est tout ou rien », rapporte Charles-Antoine Gautier, directeur-adjoint de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). Pour ne pas chauffer le week-end, certaines écoles ont ainsi prix l’habitude de couper les radiateurs le vendredi soir et de les rallumer le lundi matin. Ici ou là, « certains parents d’élèves sont montés au créneau ». Dans l’urgence, le système D était de mise. Il faudra demain instrumenter et piloter l’ensemble de ses bâtiments.
Rénover, rénover, rénover
De même, dans les bureaux où les agents sont immobiles, difficile de tenir le 19 degrés. « Les agents ont tendance à remonter le thermostat lorsque leur gestion n’est pas centralisée », poursuit-il. À court terme, des stratégies patrimoniales permettent de s’adapter en regroupant les agents, en les déplaçant s’ils sont au nord ou dans des pièces mal isolées. Mais « on arrive dans la deuxième phase du mandat municipal. Il est temps d’accélérer sur les rénovations », insiste le représentant de la FNCCR.
Cet effort nécessitera une pérennisation des aides de l’État et, en matière de comptabilité publique, « une prise en compte différenciée de la dette et des investissements en faveur de la transition énergétique », dixit Nicolas Garnier… Un message qu’Amorce compte bien porter à l’occasion du prochain groupe de travail ministériel. Thèmes abordés

Hydrogène renouvelable : une première victoire pour la France

Dans le cadre de l’application de la directive sur les renouvelables, la France a réussi à faire reconnaître la particularité de son mix électrique décarboné. Reste à faire reconnaître l’hydrogène bas carbone dans la future réglementation européenne.

L’invention d’une éolienne de toit domestique et sans pales qui produit plus d’énergie que les panneaux solaires

Utiliser les bâtiments pour produire de l’électricité « propre » n’est pas nouveau. Avec les éoliennes Aeromine, le vent pourrait aussi être utilisé en ville ! Vu sur neozone.org, par
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Un paquebot à énergie propre en Martinique semaine dernière !

Le tout dernier paquebot à énergie propre de la compagnie P&O Cruises, ARVIA, livré en décembre 2022, a fait sa première escale en Martinique, le 31 janvier 2023. Ce nouveau navire
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Énergies : Les Ultramarins appelés à contribuer à la grande concertation nationale sur le mix énergétique

Chaque citoyen peut contribuer à la grande concertation nationale organisée sur le mix énergétique et intitulée « Notre avenir énergétique se décide maintenant ». Une visio-conférence est spécifiquement consacrée aux Outre-mer, ce lundi 6 février, avec l’intervention des exécutifs régionaux afin de faire émerger des priorités territoriales, en présence de Madame Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique et Monsieur Jean-François Carenco, ministre des Outre-mer.Pour y participer et pouvoir poser ses questions par « chat », l’inscription est obligatoire via le lien ci-dessous, afin de recevoir un code un code d’accès vous permettant d’assister à la visio-conférence : https://concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr/inscrivez-vous-la-derniere-reunion-du-tour-de-france-des-regions-des-outre-mer-et-de-la-corse.Afin de faire face à l’urgence climatique, la France s’est fixé des objectifs ambitieux : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et devenir le premier grand pays industriel à sortir de sa dépendance aux énergies fossiles. Cela suppose, d’une part, de diminuer nos consommations d’énergie grâce à des mesures de sobriété et d’efficacité énergétiques et, d’autre part, de décarboner totalement notre mix énergétique grâce aux énergies renouvelables. Pour que ces questions soient véritablement débattues, une grande concertation nationale est organisée sur le mix énergétique intitulée « Notre avenir énergétique se décide maintenant ». Cette concertation s’inscrit dans le cadre de l’élaboration de la Stratégie française sur l’énergie et le climat (SFEC) qui constitue la feuille de route pour atteindre la neutralité carbone et assurer l’adaptation de notre société aux impacts du changement climatique.Les orientations de la concertation viendront contribuer au projet de loi de programmation sur l’énergie et le climat de 2023 et à l’élaboration des 3èmes programmations pluriannuelles de l’énergie pour la métropole et les outre-mer. Ce Tour de France de la concertation sur le mix énergétique doit permettre de mettre en discussion les enjeux de la transition énergétique pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, en évoquant notamment les implications concrètes sur nos consommations et modes de vie ; et de s’exprimer sur les conditions de réussite et les mesures prioritaires à mettre en œuvre afin de financer la transition énergétique et répondre aux objectifs d’indépendance, de justice sociale et d’égalité territoriale.La concertation est encadrée par un comité de garants de la Commission nationale du débat public, chargé d’assurer le suivi, la neutralité et le bon déroulement de la concertation. À l’issue de cette concertation, un rapport sera rendu public et présenté au Parlement pour indiquer les orientations retenues par le Gouvernement pour la loi de programmation énergie-climat de 2023 ainsi que celles qui le seront ultérieurement pour les programmations pluriannuelles de l’énergie et la stratégie nationale bas carbone.

Un prototype hydrovoltaïque pour produire plus… de plantes

Le développeur solaire Q Energy et son partenaire Aquacosy sont en train de mettre au point un prototype de panneaux solaires associés à des productions agricoles en hydroponie. Après un an de tests à Montauban, les premiers résultats sont encoura…

Patrick Cazaban, Directeur Régional Outre-mer TotalEnergies : Les énergies renouvelables, la clé de l’indépendance énergétique des Outre-mer

Outremers360 : Pourquoi TotalEnergies a-t-il décidé de nommer il y a quelques mois un directeur Outre-mer ?Patrick Cazaban : Dans notre organisation, chaque territoire est rattaché à sa zone géographique. La Guadeloupe, la Martinique et la Guyane sont rattachées à la zone Amérique. La Réunion et Mayotte sont rattachées à l’Afrique. La Nouvelle-Calédonie et La Polynésie française sont rattachées à l’Asie. Mais ce sont avant tout des territoires français. Il y avait donc un besoin d’ancrage avec l’Hexagone, tout en prêtant attention aux spécificités de chaque territoire. L’idée, c’est aussi d’avoir une certaine uniformité dans nos actions et de pouvoir faire le lien entre énergie carbonée et énergie décarbonée… Sur chaque territoire, nous avons des activités marketing, de vente de produits hydrocarbures, mais nous avons aussi des activités renouvelables avec principalement du photovoltaïque et de l’éolien.Outremers360 : Quel est votre rôle exactement ?Patrick Cazaban : Notre mission principale est de dialoguer, communiquer, échanger avec l’ensemble des parties prenantes locales publiques et privées sur la transition énergétique. Nous avons l’ambition d’atteindre la neutralité carbone en 2050, ensemble avec la société, nous voulons être un acteur majeur de la transition mais nous ne pouvons pas y aller seuls. Pour cela, nous avons besoin que l’État légifère, afin que nous puissions simplifier et accélérer le développement des énergies renouvelables. Mais nous avons également besoin des conseils régionaux, des élus locaux parce que ce sont eux qui ont le plan d’aménagement de leur propre territoire, ainsi que de l’adhésion des populations, avec un vrai défi d’acceptabilité à relever.  Outremers360 : Quels sont les grands axes stratégiques pour les Outre-mer ? Patrick Cazaban : Nous allons intensifier et accélérer le développement des activités renouvelables de TotalEnergies dans les territoires ultramarins. Cette stratégie s’inscrit sur le long terme, au plus proche des acteurs locaux, en intégrant l’ensemble des parties prenantes et des spécificités territoriales. La transition énergétique est déjà en route, nous avons des outils fonctionnels, l’éolien et le photovoltaïque notamment qui nous permettent de produire de l’énergie décarbonée abordable. Dans les territoires d’Outre-mer, c’est encore plus vrai.Ferme photovoltaïque de Tiéa en Nouvelle-Calédonie (DR)Nous allons également favoriser le développement de l’électromobilité, en augmentant notre nombre de points de charge pour répondre à la forte croissance des ventes de voitures électriques dans certains territoires d’Outre-mer. En Guadeloupe et en Martinique, par exemple, nous allons installer des super-chargeurs pour recharges rapide dans 48 stations-service, d’ici 2024. Nous avons une quinzaine de bornes à La Réunion que nous allons remplacer également par des super-chargeurs. Nous souhaitons devenir un acteur clé de l’électromobilité en Outre-mer, en tenant compte des spécificités de chaque territoire, bien évidemment. Outremers360 : Et en termes d’investissements ? Patrick Cazaban : Nous allons investir massivement dans l’éolien et le solaire au cours des prochaines années, avec un objectif : faire partie d’ici 2030 du top 5 mondial des producteurs d’énergies renouvelables. À Mayotte, nous en sommes à la phase d’études pour le photovoltaïque. À La Réunion, nous augmentons la capacité des éoliennes tout en réduisant leur nombre. Nous avons également des projets éoliens en Guadeloupe et plutôt photovoltaïques en Martinique, et nous nous préparons à répondre à des appels à projets en Polynésie française. Parc éolien à La Réunion (DR)En Guyane, nous développons le projet Maya, un projet ambitieux de centrale solaire à puissance garantie, grâce à un système de stockage. La centrale produira 24h/24 et 7j/7, permettra d’alimenter environ 60 000 Guyanais en électricité verte, et va créer plus de 40 emplois. En Nouvelle-Calédonie, nous accompagnons le consortium minier Prony Resources New Caledonia dans leur volonté de décarbonation, avec un projet solaire de 160 MW. À terme, en remplaçant l’électricité produite à partir de charbon par de l’énergie solaire, ce projet permettra d’éviter chaque année l’émission de près de 230 000 tonnes de CO2.  Outremers360 : Quelles sont les difficultés rencontrées sur le terrain ? Patrick Cazaban : Les tensions sur le foncier, la topographie et les spécificités de chaque territoire font que nous pouvons développer des énergies nouvelles plus ou moins facilement, plus ou moins vite… En Polynésie Française par exemple, la problématique d’accès au foncier est particulièrement difficile. Cela ne nous empêche pas de développer des solutions, mais c’est moins facile qu’en Guyane, par exemple, où l’on peut envisager des projets de centrales photovoltaïques de plus grande taille pour produire de l’électricité décarbonée. Outremers360 : Concernant la hausse des prix dans les territoires d’Outre-mer, il y a cette réduction de 20 centimes que vous avez mis en place depuis quelques mois, mais qui n’est pas appliquée partout… Patrick Cazaban : Nous l’avons fait dans tous les territoires où il nous a été possible de le faire. Effectivement, sur certains territoires, des prises de position tenues par la profession ne nous ont pas permis d’aller jusqu’au bout de la démarche, mais cette baisse a bien été appliquée jusqu’au 31 décembre 2022 à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie. Pour le reste, dans les Outre-mer les prix sont encadrés par les préfectures. Même si on enregistre une hausse dans beaucoup de secteurs, ici, le bouclier tarifaire fonctionne. Propos recueillis par Abby Said AdinaniVous pouvez retrouver Patrick Cazaban à l’événement « Les Outre-mer aux avant-postes », conférence organisée le 2 février par le Point en partenariat avec Outremers360 sur la séquence « Renouvelables en plein boom et dépendance aux énergies fossiles : vers l’autonomie énergétique des Outre-mer ? ».Informations et inscriptions ici

DOCUMENTAIRE. Les Innovateurs : À La Réunion, des technologies au service de la nature

À La Réunion, on trouve de beaux projets innovants au service de la nature. D’une part, la première pépinière départementale baptisée « Bois de fer » et inaugurée en 2022, a pour objectif ambitieux de planter un million d’arbres indigènes et endémiques à l’horizon 2027. La construction de la pépinière a mobilisé des compétences 100% locales et elle bénéficie d’innovations en ingénierie permettant d’optimiser la production.D’autre part, Akuo Energy construit et gère des fermes photovoltaïques à La Réunion dont celle de Jean-Bernard Gonthier à Saint-Joseph. Le concept est de construire des serres agricoles sur lesquelles sont installées des panneaux photovoltaïques qui génèrent de l’électricité. Pour la ferme de Jean-Bernard Gonthier, il s’agit d’un ensemble de serres résistantes à des cyclones tropicaux. Avec son fils, ils y pratiquent un maraîchage raisonné destiné au marché local. Pour visionner les deux premiers documentaires, sur les métiers de l’aérien et le tourisme en Polynésie, c’est ici.